Les allergies
LES ALLERGIES DU CHIEN ET DU CHAT :
DERMITE ATOPIQUE ET ALLERGIE ALIMENTAIRE
Service de dermatologie, Centre Hospitalier Universitaire Vétérinaire,
Faculté de médecine vétérinaire, Université de Montréal.
Il existe quatre grand types d’allergie dont votre
chien ou votre chat peuvent souffrir : L’allergie
aux piqûres de puces, rare dans les pays aux
hivers rigoureux comme le Québec mais qui est
la principale cause d’allergie dans le monde, la
dermite atopique qui est une allergie à certains
composants de l’environnement (pollens,
acariens, plumes, poils), l’allergie alimentaire
(due aux composants de la nourriture) et
l’allergie de contact, beaucoup plus rare. Nous
n’aborderons, dans cette fiche, que la dermite
atopique et l’allergie alimentaire et nous les
traiterons ensemble, car elles se présentent
cliniquement de manière très similaire.
Allergie- allergène
L’allergie est une réaction anormale de
l’organisme à la présence d’une substance, en
général une protéine, qui n’est normalement pas
nocive.
L’allergène est la substance qui est capable
d’induire ce type de réaction.
Le malade allergique est donc un individu qui
réagit de manière anormale à un allergène de son
environnement ou de sa nourriture.
Les allergènes sont de nature très variés. Les
acariens de la poussière de maison, les pollens
d’herbe, d’arbres ou de mauvaises herbes, les
protéines de la nourriture, les moisissures, les
plumes et les poils sont tous des substances
capables de provoquer des réactions allergiques
chez des individus susceptibles.
Signes cliniques
Le principal signe de ces allergies chez les
animaux domestiques est la démangeaison.
Chez le chien, elle se traduit par du grattage, du
léchage, des mordillements. Chez le chat, c’est
surtout un toilettage excessif qui est observé. Le
chien allergique est donc un chien qui se gratte,
qui présente des zones érythémateuses (rouges)
et parfois des lésions (excoriations, croûtes)
qu’il s’est lui-même infligées. C’est le plus
souvent la face, le ventre ou les pattes qui seront
touchés. Il est fréquent que les chiens
allergiques présentent des otites. Le chat
allergique lui, pourra présenter une alopécie
(perte de poils) symétrique, aussi bien qu’une
dermatose croûteuse ou des plaques surélevées
rouges et suintantes.
La plupart des allergies (surtout la dermite
atopique) débutent chez le jeune adulte.
L’allergie alimentaire peut, elle, débuter à
n’importe quel âge.
Il existe, bien sûr, quelques signes qui peuvent
orienter le vétérinaire soit vers un diagnostic de
dermite atopique ou un d’allergie alimentaire.
Tout d’abord, la dermite atopique est une
maladie familiale et l’existence de symptômes
semblables chez des parents sera un indice
important, de même que l’appartenance à une
race prédisposée. La dermite atopique peut
s’accompagner de conjonctivite ou de rhinite.
Enfin, lorsque la cause de dermite atopique est la
présence de pollens, les symptômes seront
saisonniers. Par ailleurs, l’allergie alimentaire
peut être accompagnée de signes digestifs (e.g.
diarrhée, flatulence, qu’un nombre de selles
journalières augmentées...).
Malgré ces indices, il est, la plupart du temps,
impossible de distinguer ces deux maladies et
votre vétérinaire les considérera souvent
ensemble.
Les allergies- des maladies qui en
entraînent d’autres
Les allergies cutanées ont presque toujours pour
conséquence un dérèglement du fragile équilibre
qui caractérise une peau en bonne santé. La
peau, fragilisée, sera plus susceptible aux
infections. Deux organismes, présents
naturellement sur la peau, pourront alors se
08/09/05
2
développer de manière anarchique et donner
naissance à une deuxième maladie, appelée
dermatose secondaire. Ces deux germes sont
une bactérie (staphylocoque) et un champignon
(Malassezia). Leur rôle est si important qu’ils
finiront parfois par être la principale cause de la
souffrance de l’animal. Leur recherche et leur
contrôle sera donc une étape fondamentale de la
prise en charge d’une allergie.
Les allergies- souvent des maladies
multiples
Non seulement les allergies se ressemblent
toutes, non seulement elles peuvent être
compliquées par des infections, mais elles sont
aussi souvent multiples! On est rarement
allergique à une seule chose. Bien sûr, on peut
être allergique à plusieurs pollens mais aussi à
des pollens et aux acariens, aux acariens et à une
protéine de son alimentation. Toutes les
combinaisons sont possibles. Mais tout cela
aboutit, chez le chien et le chat, au même
symptôme, la démangeaison! Heureusement, il
n’est pas forcément nécessaire de reconnaître et
de traiter toutes les allergies et leurs
complications en même temps. Il suffit parfois
d’éliminer quelques causes majeures de prurit
pour que l’animal aille mieux, voire vive une vie
confortable.
Comment aborder les allergies
Si votre vétérinaire soupçonne votre animal
d’allergie, il devra, la plupart du temps, procéder
par étapes. La première de ces étapes sera de
s’assurer que les démangeaisons sont bien
d’origine allergique. En particulier, il voudra
éliminer les causes parasitaires (les puces et
autres ectoparasites). Il sera même parfois
amené à vous conseiller un traitement antiparasitaire
alors qu’il n’a pas pu mettre en
évidence de parasite.
La deuxième étape consistera à reconnaître et à
contrôler les infections secondaires. Si des
signes ou des examens complémentaires lui
indiquent qu’une telle infection est présente ou
probablement présente, il vous recommandera
un traitement antibiotique ou antifongique.
Puis viendra le temps de s’attaquer aux allergies
elles-mêmes. Si les allergies sont saisonnières,
il choisira probablement de les traiter chaque
fois qu’elles se manifesteront, sans trop chercher
à savoir ce qui les cause : cette recherche, longue
et coûteuse, n’apporterait peut-être rien à votre
animal.
Si au contraire, les symptômes persistent toute
l’année, la cause devra en être identifiée. On
débute généralement par une investigation sur
l’allergie alimentaire. Pas de test sophistiqué
pour confirmer ou exclure ce diagnostic. Il suffit
de changer l’alimentation de votre animal en le
nourrissant avec une source de protéine qu’il n’a
jamais mangée auparavant. Ce test pourra durer
jusqu'à dix semaines et son succès sera estimé en
fonction de l’amélioration des symptômes au
cours de ce régime (voir fiche spéciale). En cas
d’allergie alimentaire, le seul traitement
consistera à ne pas redonner la nourriture qui est
en cause.
La recherche d’une dermite atopique se fera
grâce à un test réalisé directement sur votre
animal (test d’allergie cutanée) ou grâce à une
prise de sang (test sérologique). Le seul but de
ces tests (voir fiche spéciale) sera de mettre en
évidence les allergènes responsables des
symptômes de l’animal. Par la suite, il faudra
les inclure dans une solution qui sera injectée à
votre animal à dose progressive pendant
plusieurs semaines puis à vie, selon un rythme
variable, afin de l’empêcher de réagir de manière
néfaste à la présence des allergènes dans
l’environnement.
Conclusion
En conclusion, même si l’allergie alimentaire et
la dermite atopique ont plusieurs points en
communs, notamment les signes cliniques, la
façon d’établir leur diagnostic est bien
différente. On préconise un changement
alimentaire spécifique (régime d’éviction) pour
le premier et un test d’allergie cutané pour le
deuxième. Par ailleurs, même s’il est possible
chez l’humain d’établir un diagnostic d’allergie
alimentaire à l’aide d’une prise de sang ou d’un
test cutané, ces méthodes diagnostiques ne sont
pas du tout efficaces chez les chiens et les chats
et ne sont pas recommandées
Dernière mise à jour de cette rubrique le 11/06/2008